Cloudflare a ouvert en bêta, début octobre, une API de recherche web directement intégrée à AI Gateway. Baptisée Web Search API, elle permet à un agent ou une application d’injecter des résultats web récents dans le contexte d’un modèle au moment de l’inférence, sans passer par un service de recherche tiers à intégrer séparément. L’annonce s’inscrit dans la Birthday Week de l’entreprise et répond à un problème familier : un modèle figé à sa date d’entraînement ne sait rien de ce qui s’est passé depuis.
Trois fournisseurs de recherche, une seule facture
La fonctionnalité s’appuie sur trois partenaires choisis par Cloudflare pour l’indexation web : Ceramic.ai, Exa et Linkup. Chaque requête précise explicitement le fournisseur voulu, ce qui laisse le choix entre une recherche généraliste et des moteurs plus orientés recherche sémantique ou agents. La facturation passe par les crédits AI Gateway déjà utilisés pour l’inférence, au tarif de liste des partenaires et sans majoration ajoutée par Cloudflare.
| Fournisseur | Positionnement | Accès |
|---|---|---|
| Ceramic.ai | Recherche web généraliste pour agents | REST, binding Workers |
| Exa | Recherche sémantique optimisée pour le RAG | REST, binding Workers |
| Linkup | Résultats structurés avec citation de sources | REST, binding Workers |
Intégration côté développeur
Deux chemins d’accès sont proposés : un point d’entrée REST classique, authentifié par jeton, et un binding natif pour les Workers. Le second évite un aller-retour HTTP supplémentaire pour les applications déjà hébergées sur la plateforme, dans la même logique d’outillage que celle détaillée dans ce tour d’horizon des outils CLI pour le développement web.
const resultats = await env.AI.websearch({
gatewayId: "default",
query: "derniere version stable de Laravel",
provider: "exa",
limit: 5,
});
Chaque requête de recherche web transite par les mêmes journaux d’observabilité qu’un appel d’inférence classique sur AI Gateway.
Gouvernance et confidentialité des données
Les équipes peuvent apporter leurs propres clés (BYOK) auprès des fournisseurs plutôt que de dépendre du compte géré par Cloudflare. Chaque partenaire est identifié selon son statut de rétention des données, et les trois se sont engagés à respecter le protocole robots.txt ainsi que les exigences de Cloudflare sur les robots vérifiés.
Ce qu’il faut retenir
Cloudflare transforme la recherche web en brique d’infrastructure consommable au même titre qu’un appel de modèle, ce qui simplifie la construction d’agents capables de vérifier une information récente sans que l’équipe ait à gérer un contrat et une facturation séparés avec un moteur de recherche. Combinée à des protocoles comme ceux décrits dans la spécification MCP de juillet 2026, cette brique facilite la mise en production d’agents capables de produire du contenu vérifié plutôt que de simples réponses figées. L’intégration par binding Workers abaisse nettement la barrière d’entrée pour les projets déjà hébergés sur la plateforme.
Sur les projets où la recherche en temps réel est bricolée avec un scraping maison ou une clé API Google Search mal rate-limitée, ce genre de brique change la donne : un seul point d’entrée, une seule facture, et plus besoin de gérer trois contrats différents selon le fournisseur. Reste à voir, à l’usage, si la qualité des résultats d’Exa ou de Linkup tient la comparaison avec une recherche Google classique sur des requêtes pointues — un premier test en situation réelle s’impose avant d’y brancher un agent de production. — Simon Janvier
Pour aller plus loin : l’annonce officielle complète sur le blog de Cloudflare.
