GitHub a publié le 28 octobre 2026, dans la foulée de sa conférence Universe, un billet de changelog qui ajoute trois capacités à l’application Copilot : des espaces de travail baptisés Projects, des connecteurs vers Slack et Figma avec génération d’images, et un contrôle d’ordinateur en préversion publique sur macOS et Windows. L’ensemble pousse Copilot au-delà du dépôt de code unique, vers des flux de travail transverses pilotés par des agents.
Projects : un espace de travail multi-dépôts
La fonctionnalité Projects, en préversion publique, donne à un travail qui dépasse un seul dépôt ou qui ne relève pas uniquement du code un espace unique pour le contexte, les agents et les résultats. L’utilisateur décrit un objectif, ajoute du contexte (dépôts, fichiers de conception, fils de discussion), puis choisit les modèles et les outils mobilisés. Copilot exécute ensuite plusieurs agents en parallèle et restitue des résultats, par exemple des pull requests, prêts à être relus. Les sessions sur un seul dépôt restent disponibles pour les usages plus ciblés, et des automatisations de projet permettent de programmer des tâches répétitives.
Figma, Slack et génération d’images dans le chat
Copilot peut désormais s’appuyer sur le contexte de Slack et de Figma pour documenter une demande, rédiger une spécification ou avancer sur une maquette en parallèle du code. La génération et l’édition d’images à partir de prompts en langage naturel arrivent également directement dans le chat, ce qui rapproche l’outil des générateurs d’images grand public pour les besoins ponctuels d’illustration ou de maquettage rapide.
Le contrôle d’ordinateur, une porte vers les outils sans API
La capacité la plus structurante reste le contrôle d’ordinateur (« computer use »), en préversion publique sur macOS et Windows. Copilot peut lire le contenu affiché par une application, cliquer sur des éléments d’interface, saisir ou modifier du texte, et naviguer d’une application à l’autre, y compris celles qui n’exposent ni API, ni CLI, ni intégration MCP. GitHub précise que l’agent demande une approbation avant de prendre le contrôle d’une application, et que les organisations peuvent désactiver la fonctionnalité via les paramètres managés.
L’activation se fait poste par poste, dans les réglages de l’application : Settings > Computer Use > Enable Computer Use. Sur macOS, elle suppose en plus d’accorder les autorisations Accessibilité et Enregistrement de l’écran.
| Capacité | Statut | Plateformes | Ce que ça change |
|---|---|---|---|
| Projects | Préversion publique | App Copilot | Espace multi-dépôts, agents parallèles, PR en sortie |
| Connecteurs Slack / Figma + images | Disponible | App Copilot (chat) | Contexte produit/design, génération d’images par prompt |
| Computer use | Préversion publique | macOS, Windows | Pilotage d’apps sans API, CLI ni MCP |
# Mettre à jour l'application Copilot avant d'activer les nouvelles capacités
# macOS, via Homebrew
brew upgrade --cask github-copilot
# Windows, via winget
winget upgrade GitHub.CopilotApp
Copilot peut désormais lire le contenu d’une application, cliquer sur ses contrôles et naviguer d’un logiciel à l’autre, y compris ceux qui n’exposent ni API ni CLI.
Le contrôle d’ordinateur donne à un agent un accès de type « utilisateur » à des applications tierces, parfois sans journal d’audit aussi détaillé qu’un appel API. Avant un déploiement en organisation, il est recommandé de garder la fonctionnalité désactivée par défaut via les paramètres managés, et de ne l’ouvrir qu’à des comptes pilotes sur des postes dédiés.
Ce qu’il faut retenir
Avec Projects, les connecteurs Slack/Figma et le contrôle d’ordinateur, GitHub déplace Copilot d’un outil d’aide au code vers un agent capable d’opérer sur des applications entières, y compris celles qui n’ont jamais prévu d’être automatisées. Les deux préversions publiques, Projects et computer use, méritent d’être testées sur un périmètre restreint avant toute généralisation, en s’appuyant par exemple sur les mêmes principes de gouvernance que pour les agents éditoriaux en production.
Le contrôle d’ordinateur est la fonctionnalité qui m’intéresse le plus dans cette annonce, et celle qui m’inquiète le plus en même temps. Pouvoir automatiser une application qui n’a ni API ni export est précieux sur le terrain, je pense à certains outils métiers ou extensions tierces sans intégration propre. Mais tant que l’écosystème autour du protocole MCP n’aura pas posé de standard équivalent pour l’audit des actions d’un agent sur une interface graphique, je recommanderai à mes clients de la traiter comme une fonctionnalité expérimentale, pas comme un automatisme de production. — Simon Janvier
Pour aller plus loin : le billet de changelog officiel sur github.blog/changelog.
