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Le média des artisans du web dimanche 6 septembre 2026

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Chrome retire les extensions Manifest V2 : uBlock Origin quitte le Web Store

Le 31 août 2026, Google a supprimé du Chrome Web Store les dernières extensions Manifest V2, dont uBlock Origin. Tour d'horizon des conséquences pour les utilisateurs, des alternatives disponibles et de ce que Manifest V3 impose aux développeurs.

Chrome Manifest V2

Le 31 août 2026, Google a retiré du Chrome Web Store les dernières extensions encore basées sur Manifest V2, uBlock Origin compris. Les fiches concernées disparaissent du catalogue et des résultats de recherche : elles ne peuvent plus être installées ni réinstallées, même via un lien direct. Pour les développeurs d’extensions comme pour les équipes qui s’appuyaient sur ces outils, l’ère Manifest V2 est close côté Chrome.

Ce que Google a retiré, et quand

Le retrait a pris effet fin août 2026 et concerne l’ensemble des extensions restées en Manifest V2. Leurs fiches ont été sorties du store, les développeurs concernés ont été notifiés, et aucune installation nouvelle n’est plus possible depuis la boutique. Cette étape était la dernière d’une transition étalée sur plusieurs années, entamée de longue date par la dépréciation progressive de l’ancien format.

Manifest V3 déplace le filtrage réseau côté déclaratif

Pour comprendre l’enjeu, il faut regarder ce que change Manifest V3 sur le plan technique. Manifest V2 autorisait le blocage dynamique des requêtes via l’API webRequest, capable d’intercepter et de modifier le trafic à la volée. Manifest V3 impose à la place declarativeNetRequest : les règles sont déclarées à l’avance et appliquées par le navigateur lui-même, sans que l’extension observe chaque requête.

{
  "id": 1,
  "priority": 1,
  "action": { "type": "block" },
  "condition": {
    "urlFilter": "||ads.example.com^",
    "resourceTypes": ["script", "image", "xmlhttprequest"]
  }
}

Ce modèle déclaratif renforce la confidentialité et limite la surface d’exécution des extensions, dans le même esprit qu’une politique de sécurité du contenu bien construite. En contrepartie, il plafonne le nombre de règles, ce qui explique les capacités réduites des bloqueurs sous Manifest V3.

Ce qui arrive aux extensions déjà installées

Le comportement dépend de la version du navigateur exécutée sur la machine.

Version de ChromeExtensions Manifest V2
Chrome 138 ou antérieurRestent installées, mais sans mise à jour ni réinstallation possible depuis le store
Chrome 139 et suivantsNe sont plus prises en charge : les extensions Manifest V2 deviennent inactives

Autrement dit, une extension conservée continue de fonctionner tant que le navigateur n’a pas franchi le cap de Chrome 139, puis cesse d’agir dès la montée de version suivante.

Les portes de sortie : uBO Lite, Firefox, Brave

Plusieurs solutions de repli coexistent. Sur Chrome, le développeur d’uBlock Origin, Raymond Hill, propose uBlock Origin Lite, compatible Manifest V3 mais aux capacités volontairement plus modestes en raison des contraintes de declarativeNetRequest. Firefox continue de prendre en charge Manifest V2 et la version complète d’uBlock Origin. Brave, de son côté, auto-héberge uBlock Origin, AdGuard, uMatrix et NoScript hors du Chrome Web Store. Ce mouvement accompagne l’accélération générale de Chrome, qui est aussi passé à un cycle de publication de deux semaines.

Point de vigilance : les politiques d’entreprise qui prolongeaient Manifest V2 (clé ExtensionManifestV2Availability) sont elles aussi arrivées à échéance. Les équipes qui déployaient des extensions internes en Manifest V2 doivent auditer leur parc et planifier un portage vers Manifest V3 avant la prochaine montée de version de Chrome.

Le retrait des dernières extensions Manifest V2 ne supprime pas le blocage de contenu sur Chrome, mais il le fait passer sous les règles, et les limites, de Manifest V3.

Ce qu’il faut retenir

Le Chrome Web Store ne distribue plus aucune extension Manifest V2. Les installations existantes survivent tant que le navigateur n’a pas dépassé Chrome 138, puis cessent de fonctionner. Les alternatives existent : uBlock Origin Lite sur Chrome, uBlock Origin complet sur Firefox, extensions auto-hébergées sur Brave. Aucune ne reproduit exactement les capacités de l’ancien modèle. Pour les développeurs, la question n’est plus de savoir s’il faut migrer vers Manifest V3, mais comment composer avec ses contraintes.

Manifest V3 a longtemps été présenté comme une attaque frontale contre les bloqueurs de publicité. La réalité me paraît plus nuancée : le modèle déclaratif a de vrais mérites de sécurité et de performance, mais les quotas de règles pénalisent réellement les listes de filtrage exhaustives. Pour un site professionnel, l’enjeu concret est ailleurs : il faut tester ses pages sous uBlock Origin Lite et sous Firefox, car un blocage plus permissif d’un côté et plus strict de l’autre change ce que voient réellement les visiteurs. — Simon Janvier

Source : le calendrier officiel de dépréciation de Manifest V2, sur Chrome for Developers.

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